ÂDVERTISSl MENT
MOYEN
PAR LEQ_yÈL AISE M EN t
TOVS TROVBLES ET DIFFERENS,
tant touchant la Croix» de laquelle y a fi ■
grande altercation eo çefteyille de
Paris»que autres çpneernans
la religion,fcront aflb^
- pis&oftèzi, ,
T4r M.R^é Benotfi >^ngeHlnyP»BeM,r regent tn là
faculté de Thealfgie 4 Parts.
À Mefsieurs les habitajts de Paris.
jDadomme auxilium de trihuUtione quia yanafalus
bominU. Pfd.$Si,
A PARIS,
Chez Thomas Belot,ruë S.lehandc Latran.^
I y 7 I.
AVEC PRIVILEGE DV ROY.
THEN^TBSKKf
tIBKABir ''
1 braires er Impnmeuri^^crAHtttsaHflab-
f artiedra^n qtse^ue forte dr maniéré ce /fit,
d mf rimer OH vendre aucunes des 'œUHr es de mai-
Jtre ^né Benoifl, Jihgiuirf, Votleur en Théologie
a, Paris, figent de fin muent ion, ou tra,dal}ionJî-
mau Libraire où lmfnmeùr,àu^ué} ledit Benoid
en aura donné éargf dr pi'^ante. Et ce iufques
a neuf ans entiers cr- confecuttfsgtgres la Premiè-
re mgrefiion , fuifirafiiBe dé cLcun defdiBes
ceuures eu traduBipns , a geint de esnfifiation des
Hures imprme\far autres au contraire, cr ia-
mende arbitraire. .Ainft qu'il eft glue amplement
contenu efdiBes lettres de Prmlege, fùr-ce doneer
«Parisfiquatriefimedepeeembre, i j (> 5.
P ai 1 e Roy en fou Confoii.
Signé Mo lin^
ADVEKTîSS EMENT VV
MOYEN PAR L E Q_y E L AISEMENT
tôHS troubles (T d fferens tant touchant U Croix , de
laquelle y a fi dangereufe altercation en cejie ville de
paris , que autres concernants U religion fieront afio^is
Vbi abuiidauit deüdum , fupcrabun-
dauicgiatia. Roma. f.
^ Mefiieurs les hahitans de Paris.
E crains, & certainement ie
ï( crains beaucoup,Meflieurs de
Paris , que; apres aùoir efté
les ans paflez ipedatcurs &
auditeurs des miières & cala-
mitez des autres villes de ce
Royaume de long temps trei-
chre/licn à la paefiri nous entrions en vn ieu plus
tragieque , & d’vn reufiÏÏcment plus mifetable que
n’a en'corcs efté vca ny ouy . Car puis qu’il eft cer-
tain que toutes choies aduiennent par ladilpof
tion iic proüidencede Dieu , lequel fans auoir acce-.
ption deperfonnes iuge iuftement félon les fai<5*'
& œuurcsd’vnchslcun , ienepourrois me pcrfqa^
A ij.
dec que le feu de la formidable iuftjjce de Dieu, qui
a challié & purgé les autres villes, les pecbez dc£*
quelles n’eftoient que bois verd en cotnparaifon
des noftrcs, ne nous brufle & afflige beaucoup d’a-
uantaige, quiforames faiiSts le boys fec& nulle-
ment flexible & ploiableaux tant frequens & af-
pres aduertiflemens de la parole de Dieu ; laquelle
(6 malheur) par vne daranable & pernicieufe ob-
Àination non leulemcnt ne voulons effeéluer, ains
(grand &cuidentfignc de réprobation & prochai-
ne ruine) la contredifons,dentelons, mocquons, 8c ,
blafphemons , qui a ordinairement eflé le dernier
mal fait des teprouuéz 8c peuples prochains de
leur extermination. Cela eft vérifié en ceux qui pé-
rirent aü deluge,lefquels ce mocquoient des aduer-
tiflemens 8c admonitiôs à faite penitence que leur
failbit Noë : en ceux de Sodome 8c Gomorhe , lef-
quels afïligeoient 6c de parole 8c de faid le bon
Lot, qui les aduertiflbit : en Pharao 8c es Aegy-
ptiens , lefquels conteranoient les reraonflrances
que leur faifoient Moyfe 8c Aaron , 8c les affli-
geoient: àcaufede quoy, ils furent fubmergez : es
enfans d’Ifrael qui périrent es deferts, à caufe qu’ils
contredifoient aux aduertiflemens de Moyfe leur
inflrudeur , condudeui;8c pafleur , 8c çontemne-
rent l’excellente viande de la manne,efl;ans trop dé-
licatement nourris d’icelle , & demandèrent des '
puants aulx , 8c porreaux d’A^gypte : en iceux meC-
mes lefquels furent menez captifs, tant en Bà^-jylo-
nequ’aillcurs, pour n’auoir obey aux Prophètes 8c
Prebftrcs , defquels ndn feulement ils meipti<.bicnt
la dodrine 8c remonftcances ^ mais aufll lesaflUi-
geoient ; En Saul premier Roy du peuple d lCraë,
lequel fur reprouuéde Dieu , 5c puis occis par les’
ennemys , pouraiioirderobey aiaparollede Dieii
propofce par le Prophète Samuel . Nous liions le
femblable eftre aduenupour melraes raifons aux
RoysRoboain,Icroboam,0£hozias, Achab, & af-
fèzdautres, qui n'onc voulu croire ôc obeyr,ains
on trepugnèàlaparollede DieUjiSc ont mocquéiSC
affligé les miniftresSf annonciateurs d icclleicc que
eftre la caufe principale de la ruine des hommes
tant en general, que en particulier enfeigne Iclus-
Chrift quand il dit aux luifs , contredilahs à la pré-
dication: EmpIilTez la mefurede voz pères ( qui eft
combler leur iniquité, pour eftre du tout extermi-
nez.) Serpens &c engeance de vipères comment
cuicetez vous le feu d’enfer? Ce qu’ils ont fait con-
tredifant à fa faintfte predicatioh , la contemnanr,
blalpheraant,&: puis le faifanc mourir, pour icelle;
comme depuis ils ont fait , mourir fainà Eftiennc,
fainâ: laques & autres,à caufe de quoy ils ont efte
ruinez par les Romains bien toft aptes , Ceft ce
qu’enfeigne fainél Pauljdifant : que la terre qui re-
çoit la rozec , ( c’eft l’inftruélion de la parole de
Dieu) & n’apporte fruiét (c’eft a fçauoir foy, obeil-
lànce Sc autres bonnes œuurcs ) eft proche de ma-
lédiction, réprobation & combuftion. C’eft poui-
quoy lefus-ChriftàdiCt que l’arbre que fon pere
n a point planté , fera defraciné , & la branche
..qui ne porte fruiCl fera coupée & ieCtée au feu , &
4uy mefines a donné malediCtion & fait feichcrlc
figuier auquel il na trouué que les fueilles fans
fruiCt, comme aulfî il menace d’ofter la vigne à
A iij
iccuï,qui au lieu de liiy produire bon fruidk, edans
aduertiz par ies prédicateurs 5c diligens Pafteurs,
ils les ont contrediéls , repoùflez & affligez . G’cft
poürquoy il menafle par Efaje laifFei* en friche 6c
çn abandon fa vigne , laquelle au lieu de grappes 5c
raifins iuy a produit des lambrufches ; où entre au*
très punitions il la menafle principalement de Iuy
ofter fes hayes & murs , qui font fes proteiSfçurs ÔC
l'uperieurs tant Ecclefiaftiques que politiçqucs,qui
ne feront profitables & fauorables au peuple, pour
lequel il font ordonnez, ce pendant qu’il contem-
ncra&tranfgrcflerala parole & fainÛs comman-
demens de Dieu. Or comme le figuier a efté rendu
fec&priuc de fes belles Se verdoiantes fucilles, à
eaufe qu’il n’âuoit du fruidt, ainfi les luifs fontpri-
uez de leurs cereraohies, 5c à prefent iuftement les
Cbreftiens Catholicques en grande partie hypo-
crites, renians par œuurcs ce qu’ils confcirent de
bouche Sc parole,ne refentans & gouftans au cueu»
par vne vide foy , efperancc , Sc charité, ce qu’ils
voienr,oyent Sc touchent en la profeflîon , & delà
religion Catholique aufîî malobferuee que bien ôc
fainclement elle a efté inftiruée, Sc ce treC-iufte-
menr : car fi la viue foy qui eft le fondement du ba-
ftiment (pirituel defaut , ce n’eft chofe digne d’ad-
miration fi ce qui eft bafti deflùs ne demeure en*
tier. L’exercice ôc profeflîon extérieure ne peut dc-
mcuççr où defaut la vrayefoy intérieure, laquelle
ne peut eftre fans l’ouy e , obeiflancc , reuerancc, Scç
obferuance dela parole de Dieu tout bon ôc touw,
puiflànc. Pourquoy ie ne m’elbahis fi Dieu fans
’ordonnance duquel rien n’eft fait , permet en ce
4
tcuTps maîlicufeux à caufe de la corroptidn dû pcu-
plc,et deprauation de tous cftats, plus grande quel-
le n’eft entre les luifs et infidellcs, que les temples
font ruinez , les autels démolis, les Prebftres fagi-
nantcz , les Images des fainéls brifccs , et autres
chofcs appartenantes à la profeflîon extcticure de
la vrayç rby et religion Gaiholicquc ^ reiéttees,-
mocquees , et blarphemees par ce que nous les a-
uonsprophances nous mcfmeS par nos abus into-
lérables,Icfquels ne voulons aucunement corriger,
comme plus à plain auons par la grâce de Dieu, dé-
duit au liure du triomphe et vidioire de la loyî
comme auflî en celùy qui eft infeript ; Mtdus tdUn-
d4 religienis dtjcorâtte . Toutcsfoisic ne puis que
comme Dauid & leremie ont plorc& lamenté la
ruine & prophanation du temple de Salomon, ie
ne ieûe profons foufpirs & fanglots quand Je
nous vois reduifls à celle mifere extrême , 'que
Dieu iuHcment elle la tour & fortereflè de fon
Eglife militante i la vraye arche & fauuegarde
des efleus & fideles , notjs priuant de fon enfei-
gnele figne & image de la croix , ptotcélion ordi»
nairedetous les anciens &c premiers Chreftiens,
Les Anges & fainéls glorieux , foldats de lefus-
Chrift , batailleront ils pour nous quand ils ne ver-'
xont plus auec nousl’enfeigne de lefus-Ghrifl, leur
chef & Gapitaine? G’cft la tour de laquelle parle ,
Efaie y. ch. laquelle il diél que Dieu dcmolita ,à
caufè de la dcfobeiflànce de fon peuple , comme va
Roy fait démanteler les villes, & abbattreles for-
tereflès de ceux quiluy ont efte rebelles . En icelle
tons Ch/elliêns ont toujours recognu & ado*
A iii;
rélçfus-Chriftpour nous crucifié. Ils ontmisleut
appuvjfauuegarde & prorcdion, &: pourc’eftef-
feét & verru à cftc recommandée à ce grand Empe-
reur Conftantin, & ce non fans grande raifon, veu
que les figures d’ictlle ont cfté iant louuent la
fauuegarde& proteébion au vieil peuple, comme
il apert. Exod . ii; contre TAnge excerminatcut
contre la morfurcdesSerpens. Nomb. 21. & con-
tre la punition & fureur de Dieu . Ezech.c^v
Nous ne fçaurions cerrei auoir plus éuidehtc dc-
rnonftrarice de Tindignàtion de Dieu> & prochaine
ruine que de Veoir oiler les armeé; f çhreigne, & la
fauucgàrdcde Icfus Chrift, lefigne & imagedela
croix jConrre laquelle rie humain né doit preualoir;’
confiderant ce qu^eft aduehu aux Philiftins pouf
auoir veu emporter & remuer l’arche , chofe de
moindre miftere que la croixdcs Béthfamites pour
rauoir veoeà nnd , comme pour l’auôir touchée:^
aiifli à Bakbarat pour auoir mis les vaifleaiix facrez
ôc dediez en ^ î.ige prophane:iufques là il faut auoir
enbonneur ies chofes dedices au feruice dcDieir,
&r appartenantes à la religion. Q^ant nous fommes
faiéis chrefl:iens,noüs Tommes armez de la croix au
front , en la tefte , eh la poiétrine & aux cfpaulcs.
Npus cognoiirons & adorons en icelle lefufchrift, “
nofire Dieu & Roy , par icelle nous faifons fuir les
diables comme par hcqucntàtion & honneur d’i-
cellc , Nous femmes diftinguez d*auccles herctic-'
què^ & inficicllev.G’eft donefigne & argumêt quc
Dieu nous rfprouüe quant il pcrmeft que rious
fouîmes delarmez de les armes , Sedeftituez delà
faûmegarde ^ proteétion, LaMéflècft grand cas^
auflî
auffi eft la prebftrife : mais le fondemêt (ie tout no-
Are bien c’eA la croix & paflion de lefus ChriA, de
la profeflion & reprcfentation de laquelle Dieu ne
nous pemieitroit eAre tant dangercufenient priuez
li nous ne l’auions beaucoup offenfé. Adam 8c Eue
ont cAé chaflez hors le paradis terreAre,pour auoir
ofé toucher & manger eAanc feduiél par 1 aAucc de
fatan , le fruitA de l’arbre de fcience de bien & mal,
& nous ne ferions punis prophananc , mocquanr,
blafphemantjtompant & brilantratbredc la fapié-
ce diuine & myAeres treshaults , voire aullî en la-
quelle a eAé difpofc & préparé le faiutt & diuin
pain de vie qui nourriA nos âmes en la S. Croix.
Pourquoy ic vous prie ne nous arreAons à blafmer
les magiAratz,les princeSjOi feulement à courir fur
les hereticques ôc blafphemateuts de la Religipn
iaincbc & bonne par émotions , & rerauemens po-
pulaires, qui ne font toufiours proAîtables,fi Dieu
ni fauorife,ainS cognoiAànt qu’il n’y a mal en la vil-
le que Dieu n’ait fait nous puniAànt iuAemét, pre-
nons les armes de pleurs & o.rai{ons,& nous humi-
lioqs deuant fa maieAéjfaifonsvraye penitencc.fans
laquelle nous périrons , nepouuanseAre deliurez
par les hommes, ce pendant que Dieu courroucé à
caufe de noz iniquitez bataillera contre nous, 6c
nous punira iuAement par ceux qui nous doiuenc
t>»fendre& garder. Car c’e A luy qui eAâtfcrutatcur
déicueurs & confciences, & difppfant toutes cho-
fes en nombre, poids & mefure donne de bons, &
permeét de mauuais & pernicieux paAeurs , Sc en-
lèigneurs , Iclon que le peuple pour lequel toute
puiAknce & fupcrioricé eA ordonnes , e A dilpofé
B
8c le mérite. C eft luy en la main duquel font les
tueurs des princes Sc Rois, Iciquels il tourne corne
il luy plaift,difancrefcriture,qu’il fait regner les hy
pociitesàcauièdes pechez du peuple. ïob.34.C’cft
luy qui donne le Roy en fa fureur, & l’ofte en fou
indignation, Ozee 15 . Tellement que en temps de
punition 8c fureur de Dieu le peuple eft puni & af-
fligé à caulê de fes iüperieurs,&: lesfuperienrs àcau
le du peuple n’eftât facile à inger , Icfqls patiflent le
plus, finô q l’cfcriture dit q les gras endurcrôc plus
q lefs autres,lefquels quât ils^nc végét ce qui eft fait
cotre dieUjfouuêt font punis de dieu q meét la force
au cueur,& les pierres és mars du rude 8c imbecille •
peuple exécuteur de fa iufte fentence, par ceux Icf
quels ilz doiueut regler 8c conduire, & punir félon
leur vocation & autboritc . Nepenlonsdonc que
nous puiffions eftre deliurez et oftez de nos ennuis
et troubles par les grans du monde, qui parauentu-
refont.plusempefchez que nous,alns cognoiftanc
parlafoy et diuineinftruéiion , que c’eft Dieu qui
abat et rcleue,qui mortifie et viuific,qui humilie et
exalte , qui a en fa main et puiflànce la dilpofition
des Rois,toyauraes,peupleset coramunautez.reco
gnoilTons-le , et chaflànt au loing ces pernicieux
dieux eftranges qui font caufede noftrc ruine, les
hcrefies,diuinations, libertinages , amour dcnous-
mefmesjblalphemesjauaricesjathcifracetfemt.'*!-
bles monftres, par lefqucls malheureufement nous
fbinmes feparez denoftre Dieu et fcul protc<fteur
et defenfeur tout bon et toutpuiflànr, lequel perni-
ciculëmcnt nous oublions etlaifibns en nos neetfC-
(itez, non iàns idoUtfie, mettant la chair infirme
iîoftrebras èrpuiirance, rte confîcicrâns fefcritare,
laquelle tantfouuéc nous aducrcift de ne nous cô-
ficr CS grâdeurs et puilîaces môdainesiains en Dieu
tout-puiffant ^ lequel iamais ne delaill'fc ceux qui fe
fient et veritablemét eïperent en luy, qui veut cftie
inuoqué en nos tribulatiôs,ct prend plaifir de nous
cn deliurerjàfin qu’il foit cognu auteur de tout no-
ftrc bien et côine tel recognu, ptiéjferui,honoré,et
adoré auec humbles aéliôs de grptceSjCe que fi nous
faifons comme il faut en pureté et fiucerité, fins
fard et bypocrific , nous aurions l’abondâce des be-
nediûionslpirituellesj corporellcSjet temporelles,
Jcfquefles font promifcs et propofies tant aperte-
ment, Leuir. Deat.i8.nous aurions des fupc-
rieurs vcillans pour nous, plus que pour eux: des
magiftrats et princes tels que au parauât,fauorifans
et auançansl’honnefteté et vertus , punillàns le vi-
ce, et aimans et defehargeans leur pauure peuple et
fubieét:s:ilz auanceroiét l’honneur de Dieu, qui le-
roic la eaufe de tout leur bien et félicité corne auiS
nofite,nousne verrions tant d’inconftanccs et mu-
tabilitez dangereufeset beaucoup fcadaleufeSyprin
cipalemeni en la foy & religiônf,laquelle ne p'atift
point de ieu,côme Dieu n’aaggreablc vne prbnief-
feinfidelle laquelle il punift durement, corne il eft
rnanifcfte d’Ananias et Sephira, Aét.^.Nous ne fe-
rions moins con dans quelepayen Pilate, lequel ny
pour la furîeule importunité des luifs , ny pour la
menace de Cefir , n’a vonlu çonfentir & permettre
le tiltre de la croix de lefufchrift eftre ofté ny chan-
gé,encores qu’ilfuft grandement ignominieux aux
luifs.Nous ferions abonder la grâce et amande ho-
B ij
riorablc ou le péché a abondé, ne permç6^ant aucii.
neraent que leriçho foit rcedifiee de peur d’encou-
rir anatheme Sc excommunication.par l’exprefrc pa
tôle de dieo,àyant pîus efgard à Dieu & à là religiô
que à nos particuliers intereftSjfanéiifiant & dédiât
les chofes fouillées & pollues, par offeftcc d’hcrclie
& idolatrie,fon exercice Sç profelïion,pluftoft que
au defauantage grandderauthoritédelaiullice,quî
ne doibt point eftre craintiuc ny muable,& Icâdalc
public en matière de religion rien châger de ce qui
eft tant fainâ;ement3trcfté & exécuté pour réparer
& au lieu mefme pour faire abonder la grâce où a
cfté le delidl , le blalpheme & iniure faiéle à lefus-
chrift & à fa fainélereligion pour laquellbnous ne
deuons efpargner ny plaindre noz biens & vies li
nous fçaüohs cr g-ouftons que c’eft d’eftte chrefticS
et enfansde Dieu.
Mais il faudroit eftre aflîftez à bon efeient de la
grâce de Dieu comme Moyfc, lofué, Elie, Phinecs^
lehu, Mathathias & femblables , pour enfoncer Sc
vaincre contre toute crainte humaine, tout ce que
foppofeàla gloircde Dieu Eternel, & augmenta-
tion de fa fainifte parole, foy & religion, ce que ne
petit eftre ce pendant que ne ferons pœnitence,
ains feruirôns plus au diable qu’à Dieu, l’cfprit du-
quel ne demeure es charnels mondains & malings,
ains fortifie les humbles & petits, afin que la vi-
éloire apparoifle eftré comme elle eft de luy qui
fait parler les enfans , & rend lés foibles & débiles
robuftes, valides & forts. le nevoy donc moyen
d’euiterlcsdangiersqui de long temps nous me-
naflènt raelÏÏeuts de Paris^que d’aller par vraye pce»
7 t ^
hitcnce & humbles & finocrcs prières & inuoca»
rions , à ce grand Roy tout puiilant Dieu éternel,
auec lequel il cft neceflaire auoir paix, fi la voulons
auoir enttenous, car il eft le Dieu de paix & con-
corde , allons y donc & bien toft î Mais commcll
faut en vraye foy efperance & charité fans hypo-
crifie , en vn cucur fimple, verirablehient contriéb
& non double comme noos lifons auoir fait Dauid,
Daniel, Efther, Matdocbec , ludich, les Niniuites,
^autres vrais fidelles & efleus de Dieu, lefquels
ontbroufté leurs ennemis auec les leures , com-
me le bceuf l’hcrbc , remportant la viûoire
diceux, par humbles & frequentes oraifonS , con-
feflans aUec Daniel noÈ iniqùitez , Sc celles de noz
peres ,recognoi fiant l’infinicltnifericorde de Dieu,
en cela que nous ne fommes du tout péris et acca-
blez ^ ce que bien auons mérité par nozexccz.de-
botdemens et exécrables pechez, lefquels ont irrité
noftte Dieu contre nous, et mérité que ayant ab-
brcuué les autres villes du hanap de fon indigna-
tion, il nous ait referué la lie, comme certainement
iufteraent elle eft deiic à nous, qui auons outrepaf-
fé toutes autres villes en pcchez exectablcs,et prin-
cipalement au mefpris et contempt, qüe ie ne die
blafphemc etperfecutiondclà parole et annoncia-
teurs d’icelle, laquelle iamais n’a efté mefprifee et
contemnee fans grade et manifefte punition jcôrae
il appert de la punition de Coré,d’Athan, A^ron,
et lemblables , Poürquoy ie couclue auec faindt
laquestd’où auez vous entre vous guerres et débats,
finon des concupifcenccs et dereiglements,qui ba-
taillent en voz membres? Vous defirez et cherche»
B iij
aucc tout aTaeiir,ce que vous ne frouuez,par ce que
vous ne le demâciez pas , vous demandez & n’obtc-
nez pasjparec que voi]s deraadez mauiiailement , à„
Içauoir pour ifetisfaite à voz concupifeences & affe-
«ibions déréglées Sc deroordecs , vous foudan,t plus
du temporel que du fpiricuelj& feraant à Dieu plus
par acquit que par foy & fîncerc vetité , Ce qui eft .
manifefte en noz fimpiications publiques, dides .
vulgairement procéffions gencralles , dquelles Ion
ne voit l’ordrcjdcuotionj humilité, etatrention nei
celîàirc potir obtenir de Dieu ce que luy deraâdôs.
Pourquoy cen’eftdemcrueillclî nous n obtenons •
cequedemandons,ainsics choies vôt toufiours de
pis en pis,principalemêt en matière de la foy, et reli
gion, de laquelle ayans perdu lame et elprit ( pour
ainfi parler ) qui ell la foj viue et opérante par cha-
rité, ce n’eft de raerueilie fi nous perdôs le corps et
vcftefnéc qui font les chofes externes, erquelles cô-
lîftc et doit elbre faîébe la profelîïon extérieure ne* .
ceflaire à faluc.Telle ell le ligne ce image de la croix ;
iaquèlle qui abhorre : mais aullî n’ayme ethonore,
ne fe peut iulbcment vendicquer le tiltre de Chre-
lbien,veu pu’il n’ayme <5c,fuitrenfeigne de la Croix, ;
delaquclle elb venue rcxaltation de lefufchrilly 6c .
toute la grâdeut 3c inagnilîcence de laEcligio chre» :
Ibienne , laquelle ne peur ellre aucunement fai^ la
croix intérieurement & exterieuremeiit honorée,
contre laquelle rien humain quelconque chofe que ;
ce foit, nedoit preualoic li ne voulons ellre à tpu- ,
iîouirs milerables, mais par ce qu’il elb necellàire
que Dieu nous fdulbienne & défende en la foy Sc
profeffioa/iccile, er qucfans luy tiea hgraainne ;
peut nous anîmci* 8: deliurer des entreprinfes, me-
nées , ligues Sc^perfeGutionsde noz aduerfaires qui
font enfans et fau orizés du fiecle prcfçnt^ctquc noz
pecliez empefchent qu’il ne nous aide & donne vn
eftat paifible , ie conclure le prefent adiiertiiremenc
parcequieft tnonpfetendu , qui eftd’adiiercirîes
bons Catholicqiies, de prendre l’armure de Dieu,
p}üftoft que les charnelles, bataillant par oraifons
icufncs ôc autres œiiures de pœnitence,par & foiibs
la condnidte des fuperienrs Ecclefiaftiques, par 1(^
quels les oraifons & autres bienfaitîèS j doy tient e-
ftreprefentez àDicu,à la maniéré des anciens 5c
vrais Sinon hypocrites Chreftiens , ie vous prié
doG Si exhorte aucc & apres le Prophète loel ch. 2. /
prenez garde que le iour de la vengeance Si puni-
tion de Dieu,eft grand Si terrible. Qu,i eft- ce qui Iç
pourra fupporter ? Doue conuertid'cz vous en tout
voftrecucur, par ieufnes, pleurs Sc gemiil'cmens Sc
brilcz voz cueurs ,'Si non voz veftcmens , Si vous
conuertiiTez au feigneur voftre Dieu : car il eftbe-
ning.mircricordiéux, patient Si longanime & touf
iours preft à pardonner . Qui fçait fil nous fera en-
cores grâce Si nous dcliurera ? Pourquoy fonnez la
trompette eh Syon,(ànâ:ificz le ieulhe , appeliez la
congregatiôjaffemblez le peuple, congregez l’Egli-
fe,appeTlcz les vieillars,les petits, mefmes les enfans
qui iuccent la mammclle.Q^ le mary Si la femme
foy Icparcnt du lidt , et que les preftres miniftresde
Dieu.plorêt entre fautel Si le pcupic,Si dilèntrSei-
gneur Dieu pardonnez, pardonnez à voftre peuple.
Si ne permettez que voftre héritage fbit mocquee.
Si déshonorée eftant vainc, pat les inEdelles Si e-
B iiij
flrangers, comme fi vous n’eftiez noftre Dieu tout
puiflant. Voylace que mefembleneceflaired’eilrç
fait en ces troubles dangereux . C’eft pour le dire
en vn mot , qu’il faut auoir recours à Dieu pluftoft
que aux hommes , faifant vraye ôç non feinte péni-
tence des abhominatipns, impictez , & impurctez
trop excelfiues en celle ville , nous punillànt nous
inefmes,de peur de l’ellre alprement par noz enne-
mis, de la main defqucls aucune puilfance humaine
fnous pourra deliurer,ce pendant que Dieu les
imera contre nous, les tenans en là main comme
la verge ôc ballon de fon indignation, pour nous
punir plus ou moins félon la propcMttion de noz
iniquitez: ce que fi nous ne voulons faire , ie crains
celle fentence de Samuel.i.des Roys chap.ia.
Si vous perfeuere^ en voz iniquitez, vous péri-
rez auec vollrc Roy .auquel vous auez recours plu-
ftoft que à Dieu. Dilbns donc auec Dauid:feigneuc
Dieu deliurez nous de noz affiitSlions.tribulations,
& dangers, & miferes, car c’cil en vain que nous a-
uons confiance es hommes imbccilles , trompeurs,
Scmalings , donc nous mettons Dieu nollre for-
ce, & alors il réduira à néant ceux qui nous affii-
gent.Pfeau.y5>.
liCtahitttr ittfim c»m viderit vindiSiam. T fol. ^7.